SADANDSOLO

Au début des années 2000, Booba se voulait affirmatif : « Si tu kiffes pas renoi, t’écoutes pas et puis c’est tout ». Vingt-deux ans plus tard, à Bruxelles, Sadandsolo adopte les mêmes certitudes, la même confiance en soi élevée en rang d’art : « On va le faire mais en mieux/Et si t’es pas content bah faudra faire avec. » Simple egotrip ou réelle déclaration d’intention ? À se fier à l’ambition de ce touche-à-tout (rappeur, beatmakeur, graphiste, monteur), la deuxième option semble être celle à privilégier. C’est qu’il y a de l’ambition, de la singularité et beaucoup d’audace dans ce rap vulnérable, empruntant sa grammaire à Playboi Carti, à la trap, à l’afrobeats et aux thématiques de l’époque (les réflexions intimes, la fluidité des genres, etc.). En résultent Focus et Nostalgia Digital, deux EP’s au ton novateur, au flow ralenti et aux productions suffisamment déroutantes pour comprendre que Sadandsolo est de ceux qui ont déjà une longueur d’avance.

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22 juillet, Olbia